vendredi 21 février 2014

# La vie rêvée de Walter Mitty


C'est l'histoire d'un négatif de photo perdu, et le chemin pour le (sens de la vie) retrouver.

La vie rêvée de Walter Mitty est un film qui laisse une marque dans l'âme.
Les paysages sont époustouflants par delà le monde : chapeau bas au directeur de la photographie, aux repéreurs et évidemment au réal : Ben Stiller !
la dialectique du petit homme gris, rêveur et timide qui se transforme en baroudeur qui claque ses 4 vérités à son merdeux de boss, match !
la distribution des rôles est impeccable : pour Stiller, il y aura un avant et un après Mitty, lui, qui d'habitude joue des rôles comiques (cf. Zoolander, Dodgeball…)
Kristen Wiig découverte dans Mes Meilleures Amies, joue la retenue, une jolie maman accessible. Shirley MacLaine joue à la fois la maman attentive et perchée et Sean Penn érigé en idole aventurière joue le vieux sage barbu de la montagne à la perfection.

J'ai beaucoup aimé la critique sociétale dans la première partie du film. 
Quand LiFE va fermer, un jeune "directeur" est catapulté au journal pour assurer la "transition" comprendre : virer des gens, revoir la stratégie commerciale, et passer au tout numérique. 
L'arrogance et le dedain affiché de Ted Hendricks résonne jusqu'à la fin du film, il ne connait même pas l'entreprise qu'il est en train de laminer, le slogan de LiFE en exemple.
Se proclamer chef et survoler le mérite de salariés sont des comportements lapidés par le Walter épanoui de la fin. Lui, même viré, a mené sa mission jusqu'au bout : retrouver la photo de couverture jusqu'au bout du monde.
Le dévouement de Walter, qui va s'ouvrir au monde en chemin, face à l'arrivisme d'Hendricks qui ne connait pas le sens de "quintessence", est le gros clivage de ce film. Chapeau bas au jeu d'acteur d'Adam Scott qui joue l'enfoiré moqueur de Ted Hendricks à merveille. Top 10 des méchants qu'on adore détester !

L'autre point essentiel de ce film :
Voyager par delà les frontières de sa zone de confort (métro-boulot-dodo), permet de s'ouvrir aux gens, découvrir des phénomènes inattendus, des langues imprononcables, des léopards des neiges invisibles, cela permet de repousser les limites de ce qu'on croyait être capable de faire. Mitty est le premier étonné, une fois motivé par ses rêves de Cheryl chantant ou souriant, une fois la décision prise, d'agir, il est le premier étonné d'en être capable et d'y arriver. 
Walter va pister Sean O'Connell (Sean Penn) du Groenland jusqu'au pied du volcan Eyjafjallajökull en Islande, en vivant des aventures extra-ordinaires : prendre un hélico de justesse avec un pilote ivre, se battre avec un requin, sauter d'un hélico en vol dans une mer glacée, faire du vélo, de la course et du skate sur de grandes distances, communiquer avec des gens qui ne parlent pas anglais, prendre l'avion sur un coup de tête, échapper à l'éruption d'un volcan, surpasser un licenciement, inviter la fille...

Le Mitty de la fin n'est plus le même qu'au début : enrichir sa vie de nouvelles expériences le transforme physiquement et Todd du site internet lui fait remarquer à la fin. Clin d'oeil pour le running gag avec Todd : jamais finir une conversation...DONE !
Au fil de son voyage, Walter troc et réinvente les objets de son quotidien new-yorkais. Le petit homme gris qui se faisait marcher sur les pieds, se revèle être malin et créatif.
A noter que les "rêves" de Walter vont décroissants au fur et à mesure qu'il vit sa vraie vie, mais ces rêves sont toujours cocasses (la course-poursuite avec Ted et le jouet GI Joe Elastique dans les rues de NY) ou emprunt de poèsie (le sauvetage du chien de Cheryl dans un immeuble en feu et il a même le temps de lui fabriquer une prothèse pour sa 4e patte manquante !)

Au final, un fim dans l'air du temps. Pour les rêveurs-baroudeurs qui se retiennent.
Entre fantaisie et comédie dramatique, ce film reste en mémoire pour sa poèsie.
A revoir.
























Walter Mitty est un petit homme gris, tristounet qui traine sa carcasse de quadra célibataire tous les matins pour aller travailler comme directeur de la photographie dans le sous-sol d'un grand journal LiFE.Tout son quotidien et son environnement ne sont que vide et habitudes.
Les ennuis commencent le jour de son anniversaire : secrètement amoureux de Cheryl, une collègue, il n'arrive pas à lui envoyer un "wink" (comprendre un clin d'oeil sur un site de rencontre en ligne)
Walter appele la hotline du site, "Todd Maher à Los Angeles à votre service" lui signale avant d'envoyer des wink, qu'il faudrait étoffer un peu son profil, raconter qui il est, ce qu'il aime faire, ou il est allé…. Mais Walter n'a pas rempli ces sections car il n'a rien à y noter. Il n'a été nulle part, n'a rien fait de passionnant ou de remarquable.
A défaut de vivre un quotidien interessant, il vit ses aventures dans sa tête, comme un homme sûr de lui, aventurier même casse-cou, bricoleur, sportif…, mais dans ces moments là, de l'extérieur, il semble plutot avoir débranché son cerveau.
Arrivé à Life, sa soeur Odessa l'attend avec un gateau à la clémentine préparé par leur maman, et un GI Joe aux bras élastique. Leur mère déménage, et il faut qu'il aille s'en occuper car elle a une audition pour Grease… Leur défunt père a offert un piano à queue à leur mère et l'instrument pose problème aux déménageurs. Il ne peut pas s'en occuper : il doit aller travailler.
Dans l'ascenseur, il apprend le rachat de LiFE par une autre compagnie, le journal ne sera plus imprimé, seul la version en ligne va subsister et il rencontre l'execrable directeur juvénile et barbu chargé de la transition Ted Hendricks.
Un vent de Cheryl et une humiliation par Ted plus tard, Walter rejoint sa cave obscure mais ou la magie des photos opère.


Un colis est arrivé pour eux. Le celèbre Sean O'Connell leur a envoyé ces derniers négatifs (il travaille encore en argentique ?!) et un cadeau pour Walter : un portefeuille en cuir dans lequel est gravé la devise du journal.
Le mot qui accompagne le cadeau, inspire le respect. Depuis 17 ans, qu'ils travaillent en collaboration avec Sean O'Connell, ils ne se sont pourtant jamais vus, mais ont un respect et une admiration mutuelle. Walter achève le travail de Sean. Ce dernier lui demande de choisir la diapo 25 qui est, selon lui, la quintessence de LiFE. D'abord ému, Walter met le portefeuille dans sa poche. Et cherche sur la série, la n°25. Aucune trace. Pire encore, la série envoyée est inutilisable, on n'y voit que de vagues formes sombres.
Réunion avec tout le personnel. Ted Hendricks à renfort de grand discours de directeur respectable, leur confirme que le numéro en préparation sera le dernier, LiFE c'est terminé. La direction a été informée par télégramme (!!!) pour finir en apothéose la photo n°25 de Sean O'Connell fera la couverture. Walter, intimidé par Ted, et tout le personnel, affirme que la diapo sera prête.
Mais en aparté, il va parler à Cheryl (pour la première fois, dans la réalité) qui travaille au département comptabilité, de l'aider à retrouver la trace de Sean O'Connell, via les envois de paiement. Cheryl est très sympa et promet de l'aider.

Un crochet dans la nouvelle résidence de sa mère ou le piano ne rentre pas : il faut lui trouver une nouvelle maison plus grande, plus chère et en attendant, elle viendra habiter chez Walter. Dans les cartons de sa maman, les babioles de Walter qu'elle a gardé : un carnet de voyage vierge que son père lui avait offert, une photo à 14 ans, avec sa coiffure iroquoise et son skate, et plusieurs semaines après la mort du père, une photo de Walter crane rasé et costume de "Papa's Joe" le fast-food ou il a trouvé du travail pour aider sa mère….

Il retourne à LiFE, et sur le parvis du journal, assis devant la fontaine, il scrute sous une nouvelle lumière la série de négatifs, en vain. Cheryl, le voit et intriguée par cette chasse au Sean, lui demande de voir la n°25.
Walter avoue ne pas l'avoir sur lui (mais n'avoue pas ne pas l'avoir du tout) Cheryl promet de l'aider à retrouver Sean, même si elle ignore encore pourquoi. Son collègue du sous-sol a trouvé un indice dans les formes sombres de la série de négatifs, en zoomant, Hernando a vu un mot reflété à l'envers dans de l'eau. 
Walter retombe sur Cheryl, il lui avoue que le négatif n°25 n'est jamais arrivé. Il lui parle de son "enquête" et de la découverte du mot à l'envers. La jeune femme l'invite à l'accompagner au parc récuperer son fils, ado skateur. Via Google et sa collègue comptable, Cheryl et Walter découvrent que Sean est au Groenland et que le mot bizarre est en réalité un nom d'un chalutier.


Dans les couloirs de LiFE, Walter recroise Ted Hendricks qui le prend à nouveau pour un demeuré incompétent et exige la diapo 25 au plus vite. 
Décidé, Walter prend son attache&case et part pour le Groenland. Il arrive dans un pays grandiose mais dépeuplé. Il loue une voiture et se rend au lieu social du coin : un pub-karaoké avec 3 marins-pêcheurs ou l'on sert les bières dans des verres en forme de grandes bottes…
La barmaid le renseigne sur le chalutier de la photo et Sean : le bateau est loin en mer et Sean est effectivement à bord. Mais Walter est provoqué par un local ivre, qui veut le faire chanter avec lui. Ils se battent, et Walter a une révélation, le chanteur saoul porte une bague au pouce. Pouce qui a été photographié par Sean. Le chanteur ivre est "coursier", il fait la navette avec son hélico entre les chalutiers et la terre pour le courrier, les pièces détachées de radio défectueuse… Il lui propose d'emmener Walter voir Sean sur le bateau. Dans un 1er temps, Walter refuse vu l'état d'ébriété du pilote. Mais encourager par un rêve de Cheryl chantant, il court et empoigne l'hélico au moment ou celui-ci décolle.
Sur place le chalutier est un tout petit bateau de pêcheurs, il n'y pas de piste d'atterissage pour l'hélicoptère.
Il doit sauter, et alors que le petit chalutier envoit une embarcation pour le recueillir, Walter saute avec son attache&case du mauvais côté, dans l'eau glacée.
Le temps que l'embarcation le rejoigne, il est encerclé par un requin, qui veut le croquer….Walter le tape avec sa mallette et saute de justesse dans le petit bateau.
Sauvé et séché, Walter se rend vite compte que Sean n'est pas à bord. Il a pris un autre chalutier qui a croisé leur route il y a 5h. Walter est sur la bonne route, mais pas au bon tempo, il doit encore faire des efforts.
Un marin à bord, lui donne un bout de gateau emballé dans du papier kraft….C'est Sean, qui l'a laissé.
Le gateau est aux clémentines….et le papier kraft est griffoné de son itinéraire avec des noms étranges.
Le premier parle au marin, c'est un lieu ou ils accosteront le lendemain. Walter passe la nuit à bord et accoste le lendemain sur les côtés islandaises.  Walter fait la course avec les autres marins pour s'emparer du seul vélo du coin. Et roule, roule, roule encore vers le lieu indiqué par le marin, ou serait Sean. 
Un appel de "Todd Maher à Los Angeles à votre service" qui revient vers lui pour son histoire de wink sur le site, problème non résolu mais pour étoffer son profil, Walter confesse à Todd, qu'il fait actuellement du vélo en Islande, qu'il a sauté d'un hélico en marche et s'est battu avec un requin. Todd croit d'abord à une blague mais entendant le sérieux de Walter, il remplit son profil avec ces nouvelles informations.
Dans les nuées d'oiseaux, il voit le visage de Cheryl…et rêvant, il se prend un panneau indicateur. Le vélo hors d'usage, il continue à pieds.






Arrivé à une aire de repos avec hotel-restaurant, Walter propose un échange avec un groupe d'ado sur le parking, leur skate contre le GI Joe elastique. L'ado accepte. Skate à la main, Walter rentre dans le restau-route demandé son chemin à l'aubergiste, mais le batiment completement vide. Il trouve l'aubergiste pressé en train de remplir son coffre, il lui demande la direction du nom lu sur le papier kraft. Le monsieur ne parle pas anglais, il est agité, mais lui indique le chemin.
Walter s'empare du skate, se bricole avec sa cravate et 2 cailloux des protèges mains, et glisse jusqu'à la prochaine vallée, ou là, encore, il n'y a personne. Rien, ni chat, ni voiture. Une sirène retentit.
Il voit alors passé un avion avec un homme debout sur une des ailes avec un appareil photo qui se dirige droit vers le gros nuage noir…
L'aubergiste arrive en trombe en voiture et lui somme de monter. Ils quittent à temps la zone, et sortent du nuage de cendres et de retombées toxiques du volcan, dont l'irruption était prévue, d'ou la sirene, le desert humain et la volonté de Sean d'être sur place, pour photographier le phénomène.
Walter le remercie de lui avoir sauvé la vie. Il quitte son sauveur pour continuer sa quête….ou pas.


En plein milieu de nulle part, Walter trouve un fast-food "Papa's Joe". Tout en se restaurant, il cherche photo en main, quelles sont les formes sombres de la série de Sean. Il a déjà trouvé le pouce du pilote ivre, le nom du petit chalutier reflété dans la mer, mais la dernière photo exploitable de la série reste un mystère.
Il fait les comptes de son aventure islandaise : la somme de la location de la voiture, et des billets d'avion est rondelette… Découragé, il téléphone à Cheryl, surprise qu'il soit en Islande toujours sur la piste de Sean, elle souhaite l'aider via Google avec les autres mots bizarres laissés par Sean sur le papier kraft du gateau. En vain.
Il partage son souvenir de travail au fast-food avec Cheryl. qui de son côté, l'informe que les licenciements ont commencé à Life. Walter reçoit un texto de Hernando : si tu ne rentres pas, je suis viré. La piste pour Sean ici s'est refroidi, les ressources s'épuisent et la situation là-bas s'aggrave.
Le temps de rentrer à New York, tout le monde est viré, les bureaux sont en train d'être déménagé.

Walter croise Ted Hendricks, qui le licencie en pleine rue. En 17 ans de carrière, il n'a jamais égaré la moindre photo, et même s'il ne l'a pas encore, il a dit qu'il la retrouverait. Ted l'humilie une nouvelle fois : vous mettrez ça sur le pancarte de votre prochain job….
Le skate échangé des ados islandais, Walter veut l'offrir au fils de Cheryl, mais chez elle, son ex-mari ouvre. Destabilisé, Walter ne parle pas du skate et se présente comme un gars du boulot. L'ex-mari répéte et Cheryl pensant certainement que se sont les hommes de main de Ted Hendricks, refuse de venir à la porte. Walter part, laissant le skate sur le perron avec le nom du fils dessus.

S'en est trop pour Walter. Il retourne chez lui, trouve sa mère en cuisine, sa soeur de passage et le piano à queue dans le salon. Découragé et en colère, il jette le portefeuille en cuir offert par Sean avec l'inscription de Life à l'intérieur.
Mais la dernière photo de la série continue de le hanter. Et alors qu'il est simplement assis dans son canapé, face au piano, photo à la main, il réalise que le cliché mystérieux reprend les courbes sinueuses du bois du piano y compris le petit accroc…..
Tout s'imbrique, Sean O'Connell est venu à NewYork photographié le piano. Sa mère confirme que c'est un homme charmant qui l'a beaucoup questionné sur ses horaires de bureaux, sa façon de travailler, son mode de vie. Ils ont mangé un gateau aux clémentines ensemble. Bref, il était là, alors que Walter est allé le chercher outre-mer. Pire que ça, sa mère lui avoue lui en avoir parler mais qu'il a du débrancher son cerveau.



Immédiatement, Walter lui demande si Sean lui aurait parlé des mots bizarres sur le papier kraft. Oui, il s'agit de guerriers séparatistes en Afghanistan, zones non-sécurisées. Bouche bée, Walter est remotivé.

Sac à dos de baroudeur, carnet de voyage offert par son père (fini l'attache&case) et il repart sur la piste de Sean en Afghanistan, gateau aux clémentines en poche pour offrir aux nomades comme mode de paiement. Il prend 2 locaux qui le guident dans les paysages escarpés afghans, test d'endurance, bivouac près d'un ruisseau, baptème des montagnes, et très longue marche dans la neige. Finalement, ces guides le laissent continuer seul vers le sommet.



Là, presque au sommet du monde, il a un appel de "Todd Maher à Los Angeles à votre service" pour le wink.
Depuis le licenciement, Cheryl s'est désabonné, Walter ne voit plus l'interet d'être sur le site si Cheryl n'y est plus. Mais Todd lui avoue que depuis qu'il a rajouté "bataille avec un requin" il a reçu des milliers de wink.
Qu'il est maintenant perçu comme un accroc à l'adrénaline, mais tandis que Todd, admiratif, essaye de le convaincre de ne pas résilier son abonnement au site, Walter voit un homme assis, un tapis persan sur la tête pour le cacher, seul un télé-objectif sort de ce camouflage. Sean O'Connell est devant lui.
Après des présentations incrédules, Walter s'assoit à ses côtés. Ils guettent un léopard des neiges très difficile à photographier. Walter lui pose enfin la question mais OU EST LA PHOTO n°25 ?
Et Sean de répondre, tu dois être assis dessus. Le négatif tant recherché est dans la poche intérieur du portefeuille en cuir qu'il lui offert….Il rajoute, qu'il l'avait dit dans le mot avec le cadeau….la quintessence est à l'intérieur.
Walter pensait que c'était métaphorique, notament avec l'inscription de la devise du journal gravé dans le cuir.
Sean le questionne sur la localisation actuelle du portefeuille. Walter avoue l'avoir jeté. Sean est déçu. Et Walter irrité, affirme que mettre le négatif de la dernière couverture de LIfe dans la poche intérieur du portefeuille n'était pas très malin. Une fois, l'explication faite. Les 2 hommes restent là, à guetter. Un léopard arrive à pattes de velours
Sean partage avec Walter sa conception de la vie et de la photographie : quelque fois quand l'instant est trop précieux, il ne faut pas s'encombrer de l'objectif pour apprécier, il faut regarder avec ces vrais yeux et apprécier le moment. Sean prend finalement la photo du léopard et ils redescendent dans la vallée, faire un foot avec les locaux.
Rentré à NY, Walter est contraint de vendre le piano familial. L'argent de la vente, lui permet de payer les traites, et sa mère va pouvoir trouver un appartement à sa taille, sans piano.
Walter s'excuse auprès d'elle, ne pas avoir pu conserver le cadeau que son père lui avait fait. Sa mère le rassure tout va bien, lui explique que ce qui compte ce sont ces 2 enfants et leur babioles….
Elle lui redonne le portefeuille en cuir offert par Sean. Walter surpris, sait désormais que la diapo 25 est dedans.
Les bureaux de Life sont maintenant vides et en chantier pour batir les nouveaux. Ted Hendricks et son équipe travaillent sur la prochaine stratégie. Walter s'incruste dans la réunion, lance le négatif sur la table. "Vous avez 2 jours pour l'imprimer". Walter clot sa dernière mission pro pour Life avec un petit discours pour Ted : il comprend son boulot de virer les gens, mais qu'il ne prétendre pas compatir ou les connaitre. Il ne connait pas la devise de Life, et vire des gens qui y ont travailler depuis des décennies. Il peut faire son boulot, mais en faisant un peu preuve de respect.



Après ce laius en forme de revanche, on retrouve Walter qui met à jour son cv sur son ordinateur dans un café "se battre avec un requin, escalader une montagne afghane…" Il reçoit un mail du fils de Cheryl, pour le remercier pour le skate, il a même fait une vidéo s'en servant et faisant les figures que Walter lui avait montré. A la fin de la vidéo, Cheryl lui fait un coucou.
A Life, bureaux vides, Walter va chercher son dernier salaire. Cheryl a du en faire autant, elle sort de l'immeuble. Il lui court après.  Elle le remercie à nouveau pour le skate de son fils. Walter s'explique : le skate vient d'Islande, il a fini par retrouver Sean, le négatif..et qu'elle était là, souvent dans ses pensées, pour l'encourager. Qu'il est venu chez elle, mais quand il a vu l'ex-mari, a pensé qu'ils s'étaientt remis ensemble. Cheryl lui répond qu'il était juste là pour réparer le frigo. Ils font quelques pas ensemble.
L'ultime Life sort le même jour. Et on découvre sur la couverture que le dernier tirage est consacré à tous ceux qui ont été dans l'ombre pour creer Life depuis le début : Walter, assis devant la fontaine, sur le parvis du journal, scrutant des planches de négatifs…
Finalement, dans la foule d'anonymes de New-York, Walter prend la main de Cheryl.



jeudi 16 janvier 2014

# Jamais le Premier Soir


Une femme (Alexandra Lamy) se fait larguer par lettre recommandée. Elle fait une petite dépression et trouve une voie de sortie dans la lecture de livres d'épanouissement personnel du genre "le Bonheur, c'est maintenant" "Dîtes oui à la vie !" Elle achète ces remonte-moral à la librairie de son quartier. Le libraire n'est pas insensible à son charme. Mais la jeune femme est encore instable pour le remarquer. Flanquée de deux amies : (Mélanie Doutey) qui s'envoit son boss, Benoit en 2 min top chrono et Rose (Julie Ferrier) qui, en a ras-le-bol de son couple plan-plan, elle se rendent à une soirée de célibataires, ou elle rencontre Gilles, un ostéo, qui tombe sous le charme de la jeune femme.
Mais Alexandra continue son trip new-age, bouddha et résolutions, elle rencontre Ange dans la librairie de quartier, qu'il l'invite à un week-end bio-bonheur. Alexandra s'y rend avec ses 2 amies. Julie y rèvèle que son couple est au point mort. Et Alexandra se rapproche d'Ange.
Par un concours de circonstance, Alexandra rentre plus tôt chez Ange, et découvre qu'il participe à des parties fines….Choquée, elle le gifle, le quitte et court se confier à Audrey et Julie.
Audrey reçoit à son tour une lettre de rupture avec accusé réception. La coupe est pleine pour elles trois, elles partent sacager l'appartement de Benoit pour se venger des hommes. Ivres, elles se rendent chez le libraire de quartier : Alexandra veut se faire rembourser tous ses livres new age, qui n'ont pas eu l'effet escompté. Le libraire, Jean-Paul Rouve, amusé de la situation et pour se rapprocher d'Alexandra, passe la fin de soirée en leur compagnie.
Jean-Paul reconduit Alexandra chez elle. Et un diner aux chandelles et une engueulade plus tard, Alexandra ne veut toujours pas faire confiance à son libraire !
Il lui envoie une déclaration par lettre recommandée avec accusé reception, elle court le rejoindre dans sa librairie. Happy End. 



Honnetement, je n'ai pas aimé ce film. 
TOUT le long, je me suis dit, il y a quelque chose qui ne colle pas.
Est-ce Alexandra Lamy qui joue faux ou qui surjoue ? J'avais déjà eu cette gène sur Modern Love.
Est-ce les gros fils de la comédie que l'on voie, dès la 1ere scène avec le flash back "6 mois avant" ou tous les rôles masculins lisibles au possible ?….celui avec qui ça ne va le faire, celui trop mignon pour être honnête et celui qu'elle ne remarque pas, du moins au début.
Bref, en un mot : barbant. Loupé pour le coche.
Déjà pour l'attribution des rôles : Jean-Paul Rouve, avec son jeu d'acteur réservé mais loufoque aurait été bien mieux dans le rôle de Charles (Julien Boisselier) qui fait de la dragouille (un peu) appuyée et qui pète un plomb une fois rejeté. Il aurait fait un Charles bien plus déjanté. 
"Ange" le mec mignon, on voit tout de suite, qu'il veut juste la sauter, mais use de ruses….
Je crois que ce film a pointé du doigt toutes les mièvreries que j'execre dans les mauvaises com-rom. Alexandra qui sourit comme une jeune femme épanouie qu'elle doit être, alors qu'elle court à talons sur 3 patés de maison pour rejoindre son libraire….
Mélanie qui ricane à la situation de ses copines, dailleurs son personnage n'a aucune substance à part de se taper son boss. Elle aurait pu, je ne sais pas moi, se rendre compte que des histoires de fesses à l'emporte-pièces ne la rendent pas heureuse et qu'au fond, elle cherche comme Alexandra un mec sur lequel se reposer….ou elle aurait pu s'envoyer tout le service, pas juste le boss…ou encore virer de bord au milieu du film et tomber amoureuse de Julie au week-end spa...
Quitte à aller dans les clichés autant y aller à fond, forcer le trait et en rire au final :
Alexandra, la romantique, célibataire et qui cherche une relation longue durée; 
pourrait se faire des films au ralenti et cotonneux sur chaque mec sympa qu'elle croise, en version coeur d'artichaut.
Mélanie, la fêtarde, qui s'envoie 42 000 mecs à chaque soirée, ne se fixe jamais, et aime ça ! (le genre Samantha Jones, pour les amatrices de Sex & the City) en version peur de s'engager et YOLO.
Julie, la quadra casée en banlieue trop tranquille, se fait chier comme un rat mort, et là, filmer une ville dortoire proprette, des balançoires vides qui oscillent au vent, et un gros plan sur l'assiette de coquillettes-jambon devant son mari et un Navarro qui commence en fond….Glamourissime ! Autant dire, que lorsque je réecrie le film, c'est très mauvais.

Des clichés encore : les métiers des hommes, "intellectuel" pour le libraire et "tactile" pour l'ostéo, quand à "Ange" en personnage tellement construit qu'il est…..pas d'info sur le job !
Tout pour plaire, rien à contre-emploi, pas de surprises, de l'ennui de A à Z.
Les "costumes" des filles sont ridicules, entre les énormes gilets en laine d'Alexandra et les mini-jupes d'Audrey…un peu de dignité les filles pour des quadra !

En plus, l'affiche affirme en encart façon tabac " ce film rend heureux". Grosse deception.
Au final, une grosse erreur. Un travail baclé à plusieurs niveaux, le casting, l'intrigue, le montage, le jeu… A oublier.

Casse-Tête Chinois

15 ans après le début de son histoire avec Wendy, le couple bat de l'aile. Ils ont eu 2 enfants : Tom 8 ans, et Mia 4 ans. Bilingues et plutot malins.

Xavier veut aider sa pote lesbienne Isabelle, (avec qu'il est resté en contact depuis Barcelone et qui est en couple stable avec une américaine d'origine chinoise : Ju) a avoir un enfant. Wendy ne le comprend pas dans cette démarche ; et après un voyage professionnel à New-York, elle lui annonce qu'elle a rencontré quelqu'un et qu'elle emmène les enfants vivre avec elle, là-bas. Ils se séparent, Isabelle tombe enceinte.
Xavier, révolté et attristé, laisse ses enfants partir avec leur mère. Mais il se rend bien vite compte qu'il ne sera pas heureux sans eux, lui à Paris et eux à New York. Il part vivre près d'eux, aux United States of America !
Dans un 1er temps, il crêche chez Ju et Isabelle (enceinte de lui jusqu'aux oreilles). Il trouve un boulot de livreur à vélo, continue d'écrire les chapitres de son roman et les envoie à son éditeur en France. Il voit Tom, et Mia, une semaine sur deux. Mais ulcéré par leurs uniformes scolaires, Wendy ayant trouvé une école privée américaine à la va-vite à leur arrivée, sans en parler à Xavier, il engage une bataille juridique avec Wendy. C'est d'ailleurs son avocat working class qui lui soufflera l'idée d'un mariage blanc, pour rester sur le territoire ricain.

Ju, lui cède l'appartement dans Chinatown qu'elle occupait pendant ses études. Il peut accueillir ses enfants, continuait à écrire (difficilement) et recevoir Martine (petite copine de longue date) de passage à New-York pour le travail, et avec qui, il passe la nuit.
Suite à une histoire incroyable avec un taximan chinois, il épouse une américaine d'origine chinoise et obtient ainsi un visa de résident. 
Ils sont controlés à plusieurs reprises car le Bureau de l'Immigration, les soupçonne de simuler pour les papiers.
Isabelle accouche. Xavier se rend compte que son propre père est un étranger, mais qu'à un moment T, ses parents se sont aimés. Et alors qu'Isabelle lui avait dit : "tu ne seras pas un père au sens strict du terme", il décide de prendre sa place de père. Il en parle à Tom et Mia, qui le prennent très bien d'avoir une demi petite soeur.
La jeune maman, Isabelle prend une maîtresse sous les traits.... d'Isabelle : 15 ans plus jeune, belge francophone comme elle et nourrice de sa fille. Sans cautionner le comportement de sa pote, Xavier lui prête pourtant les clés de son appart pour leurs 5 à 7.
Martine revient le voir pour les vacances de printemps, cette fois avec ses 2 enfants : Lucas, l'ado et Jade, sa fille de  6 ans. Les 4 enfants s'entendent très bien, les parents aussi…

Une après-midi tranquille au square tout va se compliquer !
le Bureau de l'Immigration rend une visite surprise au domicile de Xavier à Chinatown, mais il n'est pas chez lui et ne vit pas avec sa prétendue femme, mais avec Martine et leur 4 enfants. Pire, c'est à ce moment précis que les 2 Isabelle s'envoient en l'air à son appart. Et Ju, conjointe officielle d'Isabelle, toujours propriétaire l'appelle lui signalant qu'elle le rejoint là-bas.
Xavier laisse les 5 enfants à Martine au square, court jusque chez lui et sur le trajet, appelle sa fausse femme qui court aussi pour rejoindre son faux mari et Isabelle (qui ne répond pas) pour la prévenir d'arrêter ses galipettes car Ju arrive...
Xavier arrive in extremis, met les 2 Isabelle sur le toit, et accueille Ju, comme si de rien n'était,sa fausse femme arrive à temps. Les 3 agents du Bureau de l'Immigration, qui voyant les affaires de Martine partout pense que ce sont celle de la fausse femme. Rassurés ils s'apprêtent à partir, jusqu'à ce que Martine rentre du parc avec les 5 enfants. Xavier la fait passer pour la nourrice. Ju s'étonne que sa fille soit là, avec Xavier et Martine et pas avec Isabelle, comme elle le pensait. Voyant son père paniqué, le petit Tom raconte qu'il a demandé à Isabelle de passer du temps avec sa petite soeur...maintenant qu'il est au courant que son père est le père.
Au terme de la bataille d'avocats, Wendy et Xavier parviennent à un accord et Tom et Mia changent d'école. Wendy se remarie.
Les vacances de printemps touchent à leurs fins : Martine lui propose de se (re)mettre ensemble, mais Xavier a des doutes.
Encouragé par son fils Tom, il court la rejoindre à l'arrêt de bus. Ils vont vivre tous ensemble à New-York ; lui, elle, leurs 4 enfants. Il faut juste lui trouver un (faux mari) américain !





A savoir, chez Grand Ecran, Petite critique, on n'aime pas laisser les lecteurs sur le carreau. Donc il faut savoir que ce film est une suite : le 3ème volet d'une trilogie initiée par M. Klapisch en 2002 avec L'Auberge Espagnole suivi en 2005 par Les Poupées Russes. On y suit la vie de Xavier (Romain Duris), dans le n°1, à Barcelone, pendant une année Erasmus, dans le n°2, entre Paris, Londres et St Petersbourg au fil de ses déboires amoureux, et là, le n°3, à New-York pour ses enfants. 

Xavier est auteur. Il écrit des livres sur sa vie. Le film est une mise en abîme du travail d'écriture, puisque comme dans le n°1 et le n°2, Xavier s'adresse aux téléspectateurs leur expliquant que sa vie "ça part tellement dans tous les sens, qu'il vaut mieux qu'il reprenne depuis le début..." On suit donc sa voix intérieure au fil des chapitres et ses angoisses de pages blanches. Pour accoucher, il est aidé dans sa démarche par son éditeur, Dominique Besnehard, qui croit beaucoup au pouvoir pécunier de son 3eme tome. Voilà pour le cadre du film.

Maintenant, comme toujours chez Klapisch, beaucoup de sujets s'entremêlent, pour ne pas céder à la facilité de traiter un sujet/un film, mais aussi pour donner de l'écho aux problèmes de Xavier : la vie c'est compliqué, la preuve !

- Xavier et l'amour
L'Amour est et, l'Amour n'est plus. 
avec Wendy, ça a l'air simple. il ne s'est pas battu pour la reconquérir. il a accepté la séparation, car lui-même sait qu'ils ne sont plus amoureux.
avec Isabelle, c'est une bromance, et impuissant (un temps) face à la détresse maternelle de sa pote, il lui donnera finalement la plus preuve d'amitité du monde : son sperme !
avec Martine, ça a évolué, elle le dit elle-même : il y a 15 ans, un couac entre eux aurait mis 1 semaine à se resoudre, chacun faisant la tête de son côté, là, en 1 phrase c'est réglé.
Martine a muri, elle est moins révolutionnaire, alter-mondialiste, mais plus pragmatique. Etre 2 fois maman et businesswoman, l'a rendu plus directe, l'age aussi, à 40 ans, elle sait ce qu'elle veut et elle le dit. Une femme de son époque finalement.

- Xavier et le New-York réel
il le dit dans son roman : quand on arrive à NY, on n'a pas accès tout de suite aux building et aux appartements terrasses, il faut commencer du bas et, Downtown, Xavier mange du goudron au kilomètre. Avec toutes les séries et films américains, nous, européeens, on voit les Etats-Unis comme un monde blindé de tunes où les seuls problèmes sont de savoir si Brenda va coucher avec Kevin ou Ryan…. La vie concrète aux States, c'est aussi la galère du logement, les appartements insalubres, la violence à coup de batte de baseball, le racisme anti "foreigners", le controle des agents en costumes noirs, un dédale de métros et aussi l'embauche facile, les papas poules modernes, les matelas king size et des communautés dansantes et soudées.
Dailleurs "there are RULES & rules"….. la loi et son contournement. La bataille juridique entre Wendy et Xavier est pretexte à se moquer du système : les avocats sont une industrie. Beaucoup de blabla pour des broutilles, ici le choix d'une école. Mais Xavier et Wendy, n'arrivent plus à se parler calmement.
L'avocat low cost de Xavier lui suggère de partir à la chasse, pour trouver une américaine à épouser, s'il souhaite rester sur le sol américain et ainsi continuer à voir ses enfants.
Il lui conseille aussi de trouver un boulot illégal et revenir le voir, pour le rendre "légal"… Les américains seraient ravis de savoir que le réalisateur chouchou des jeunes français, leur explique comment contourner la loi du visa touristique…..

- Xavier et la paternité
Bien plus que dans les 2 premiers opus, il est question ici, de la place de fils et de père.
il n'a rien partager avec son père, on comprend qu'il veut être complice avec Tom et Mia.
il accepte (soulagé) d'être un "papa de loin" pour le bébé d'Isabelle et se laisse attendrir à la maternité.
il se bat non pas pour la garde alternée avec Wendy, qui a compris que ses enfants ont besoin de voir leur père, mais 1) pour rester près d'eux géographiquement et 2) pour conserver sa légitimité de décisionnaire quant aux choix d'éducations de Mia et Tom.
la paternité c'est aussi au quotidien, il n'y a pas que les grands moments…..les moments vides sont aussi importants : marcher dans la rue en silence avec la main de sa fille dans sa main, ou regarder les Simpsons en mangeant du Mac Do, repeindre son salon en bleu…la vie quoi !
Il se lie d'amitité avec un groupe de papa divorcés au square du coin, et l'évocation du quotidien des familles recomposées fait sourire.

- Xavier et sa vie de quadragénaire
Xavier le répète, et à Martine et à Isabelle : à 40 ans, fini les bêtises !
Mais les bêtises, c'est quoi ? se sentir jeune de nouveau ? pour Isabelle, c'est l'infidélité, la sensualité retrouvée. Martine, elle, semble être épanouie en businnesswoman traitant avec des chinois
Après 15 ans de confort sentimental et financier, Xavier recommence tout dans une nouvelle ville, étrangère de surcroit. En papa moderne, il doit se composer une nouvelle vie : logement, travail alimentaire, travail d'écriture, amour, comme si la galère de l'Auberge Espagnole recommençait. Mais il y a des enfants dans l'engrenage.
Dailleurs comme le film est sa vie et sa vie est le roman qu'il écrit, à un moment, il ne peut pas écrire et s'occuper de ses enfants, il abrège une conversation avec son éditeur. Mais c'est quand il est avec eux, qu'après il a des choses à raconter. Sinon c'est le néant. Dans ces moments de creux, Heidegger et Heggel viennent le soutenir. Scènes décalées et hilarantes ou Xavier conversent avec des apparitions des philosophes allemands.
Jusqu'à la scène finale sur le toit, la construction du livre et de sa vie s'entrecroisent, car Besnehard, l'éditeur ne veut pas de happy end. Il parle bien évidemment du roman. Mais l'ambiguïté reste. 

Mon avis : a revoir en mode marathon Klapish  : L'Auberge Espagnole, Les Poupées Russes, et Casse-Tête Chinois à la suite avec escale pop-corn.
On rit aux situations, aux propos, on a la gorge nouée sur les pourquoi et les séparations.
Casting impeccable, comme d'hab : chapeau au nouveau mari de Wendy, l'archétype de l'américain charpenté comme un quaterback;  chapeau bis pour l'apparition de Kyan Khojandi de Bref, que j'adore.  Panoramas et décors aux cordeaux. Dialogues justes.
Klapisch a évolué avec son public, l'heure n'est plus à l'amitié européenne, en passant l'Atlantique, il nous dresse une toile politique sur la mondialisation.
Et pourquoi pas un opus 4 en Chine ?

lundi 6 janvier 2014

# Au Bonheur des Ogres


Benjamin Malaussène est un grand frère modèle, qui fait ce qu'il peut pour faire vivre ses frères et soeurs, laissés en plan par une mère en cavale. Et si ça inclut d'être bouc-émissaire au bureau des réclamations d'un grand magasin parisien (comprendre se faire insulter, rabaisser et quand ça n'est pas le cas, servir de bouche-trou technique dans la boutique), alors oui, il veut supporter ce fardeau.
En plus, la cadette est enceinte, et n'ose pas lui dire, la benjamine se voit déjà voyante/médium, le suivant, non content de se faire remarquer à l'école, construit des bombes artisanales dans la salle de bain de leur appartement insalubre, et le petit dernier rajoute au marasme ambiant, avec une enquête de la DDAS, sans oublier le gros chen malade.

Mais tout va basculer quant Benjamin, toujours de bonne composition pour aider ses collègues, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment. Par deux fois, il va échapper à un attentat contre le magasin croit-il alors. Très vite, les soupçons de la police se posent sur lui; police qui d'ailleurs a du mal à saisir la teneur de son travail.
Après la 1ere bombe, Benjamin rencontre une jeune voleuse qu'il extrait in extremis des intentions douteuses du chef de la sécurité. Ils sympathisent et la police les croit complices. La jeune femme est réalité une journaliste qui menait une enquête discrète sur les moeurs dans les cabines d'essayage…

2 bombes en très peu de temps contre le même magasin, la police qui l'interroge alors qu'il ne sait rien, Benjamin commence à se poser des questions… Il trouve en parti des réponses en conversant avec son ami, le gardien de nuit, Stojil.
Les deux bombes, comme par hasard, ont tués 2 des plus anciens collègues du "Bonheur Parisien", amis intimes de l'ancien directeur, feu M. Sinclair, père de l'actuel.
Celui-ci convoque Benjamin dans son bureau austère, inquiet de savoir ce que celui-ci a dit à la police. Il le met en garde de ne rien divulger à qui que se soit, ni aux journalistes, ni aux policiers au risque de perdre son emploi ou pire… Benjamin en parle à la jolie journaliste et après quelques recherches, et une entrée par effraction dans le bureau de Sinclair , ils reconstituent le puzzle.

Sinclair a pris le magasin en héritage, mais la vérité est que son défunt père le méprisait et que selon ses volontés, le magasin ne lui revenait pas. Pire encore, son père, ainsi que 3 autres collègues se servaient de la boutique pour enlever de jeunes garçons.....Jeunes garçons dont la disparition mystérieuse au magasin est passé à la postérité dans la rubrique faits divers.

Sinclair, pour se venger de son père, a tué les complices encore vivants et pour se donner bonne conscience, affirme que c'est pour rendre justice aux petits enfants disparus à l'époque. Le directeur avait tout orchestré de façon à ce que se soit Benjamin qui soit accusé, et qu'il meurt lors du dernier attentat. Mais la police est sur place. Benjamin intercepte la dernière bombe et la police arrête Sinclair.






Film adapté d'un roman de Daniel Pennac, je vais être honnête : je n'ai pas lu le bouquin de Pennac avant, ni après le film. J'aime pourtant faire le devis comparatif entre l'oeuvre originale et l'adaptation, mais le crime des ogres m'a refroidi... L'ellipse dans le film quant à la teneur des crimes a été la bienvenue et plus que suffisante pour imaginer.

En écrivant ces lignes, la bouffée lyrique qui s'empare de vous pendant 1h30 est retombée. A mon grand malheur.
Ce film est une bulle colorée.

Le jeu d'acteur est pétillant.  Chapeau à Raphael Personnaz, qui joue le jeune dépassé par les évènements à ravir. Petit acteur à suivre, à mon avis. cf. Marius (adaptation de Pagnol par Auteuil en 2013)
Le casting interessant : Bejo, Kusturica, Neuvic, Bernier, De Tondellec, qu'on a plaisir à voir ailleurs que dans son rôle de père de famille Lepic dans Fais pas ci, Fais pas ça sur France 2.
Les décors sont fantasmés.  Le scénario oscille entre réalité sociable misérable, et contes pour enfants.
Bien sur, ils vivent à 5 dans un appartement minable mais leurs vies multicolore contraste avec le froid dessein du directeur du grand magasin. Le titre du film vient du mélange du nom du magasin dans lequel travaille Benjamin "Au Bonheur Parisien" et le nom qu'il donne aux méchants dans les histoires du soir qu'il raconte à ses frères et soeurs "les ogres". La référence à Zola est aussi évidente.

L'ambiance du film est cocasse; entre sympathie pour le pauvre qui doit assumer toute une famille, un chien malade, un boulot de merde, et des rebonds comiques quand les enfants jurent, tirent les cartes, fabriquent des bombes, et essayent de comprendre ce qui arrive à leur grand frère. La petite romance avec la belle journaliste fait sourire.
On rit de bon coeur, pas de larmes, on serre les dents sur l'évocation du crime des ogres.
A revoir

# 9 mois ferme


Ariane, une quadra célibataire et très coincée même pour une juge.
Nolan, un cambrioleur simplet, accusé de cannibalisme oculaire.
Une nuit du 31 décembre arrosée…
6 mois plus tard et un déni de grossesse. 

Ariane mène son enquête pour savoir qui est le père…avec une recherche génétique et les fichiers judiciaires, la juge retombe rapidemment sur Nolan, le cambrioleur, déja incarcéré préventivement pour globaphagie.

La consultation de son dossier a alerté le policier qu'il l'a interpellé, ni une, ni deux, il introduit le prevenu dans le bureau de la juge pour, pense t'il, l'instruction de son dossier. Ariane, confronté au père de son bébé non désiré, rendre dans une rage folle et accuse Nolan de n'importe quels crimes et délits.
Nolan reconnait la femme bourrée avec qui il a eu une aventure d'une nuit, il est reconduit en prison, il s'en évade le soir même et rentre par effraction au domicile d'Ariane, qui est sur le point de provoquer un accident pour "avorter" (situation dite du saut de l'ange en pyjama.) Nolan intervient in extremis.

Il conclut un pacte avec Ariane, si elle l'aide le restant de sa grossesse à le disculper du cannibalisme oculaire, il ne dira rien de ses activités nocturnes.
Ariane accepte, réticente. Elle récupère le dossier auprès d'un confrère. et retourne chez elle avec Nolan. Après étude du dossier, la juge arrive à la conclusion qu'elle est l'alibi du cambrioleur  : la nuit de la mutilation occulaire était le 31 décembre, nuit ou la juge et Nolan concevait le petit "Steeve" sur des poubelles….

Elle n'en dit rien à Nolan, mais alors qu'il s'apprête à prendre la fuite, acceptant que la juge a tout fait, mais n'a pu trouvé de solutions, un policier frappe à la porte de la juge. Nolan court se cacher dans la chambre d'Ariane, alors que celle-ci ouvre la porte. Le policier en charge des recherches de Nolan vient la prévenir personnellement qu'après son évasion de la prison, Nolan aurait été aperçu dans le quartier.
Mais pendant qu'Ariane couvre Nolan, celui-ci découvre les résultats du test de paternité, il est le père !
Un dialogue poignant avec la juge s'en suit ou celle-ci ne veut (ne sait) pas (encore) dire ce qu'elle fera de l'enfant, elle réaffirme que le père est débile et taré sans plus d'explications. Nolan comprend qu'elle est déterminée à ne pas lui donner sa place de père, il part en cavale.

La vie reprend son cours, Ariane est promue et Nolan interpellé. Son procès pour globaphagie est très médiatisé et alors que tout semble foutu pour Nolan avec une juge (patronne d'Ariane) intraitable et un avocat clownesque. Ariane intervient in extremis.

Elle vient à la barre témoigner en faveur de Nolan : elle invalide les charges en invoquant l'alibi du 31 et la preuve dans son ventre…. La cour est sidérée, Nolan reconnaissant, est disculpé et dans la folie collective Ariane s'évanouit.


En tant que juge suprême, son comportement a été inapropriée, elle est rétrogradée et desormais maman. Nolan rentre chez elle par effraction pour voir son fils. Et au-dessus de son berceau, ils cherchent ensemble un prénom…



Une comédie de et avec Dupontel. Ce film est une farce ou un conte, au choix.Le tour de force de M. Dupontel est de maintenir un climat absurde, avec notament les alibis farfelus inventés par Nolan pour se disculper ou cette charge de globaphagie… tout en insufflant un vent d'humanité, salvateur pour la juge Ariane.
De juge inflexible, elle va devenir maman. Car bien évidemment à la fin du film, elle finit par accepter son nouveau statut de mère, accepte que le père est peut-être taré, mais innocent.
La morale de ce film est là, simple et attendrissante : l'innocence, pour les deux parties et une sorte de seconde chance.
La juge redonne son statut d'innocent (victime judiciaire de son état, en tout cas pour le motif de cannibalisme oculaire, car il reste néanmoins cambrioleur) à Nolan 
et Nolan en retour, et malgré lui, redonne son innocence à la juge désabusée par tous ses dossiers de crimes et délits qui s'empile dans son bureau, par le biais d'un chérubin.

Pour le reste : le jeu des acteurs, le casting, les décors, costumes, musiques, rien à redire. On passe un bon moment. On rit de bon coeur. cf le running gag sur le mot "perruque"

Clin d'oeil pour les seconds couteaux : Philippe Duquesne, Bouli Lanners, et le très bon Christian Hecq qui joue le mielleux fourbe à merveille, Yolande Moreau (la mère de Nolan) et Jean Dujardin, traducteur de langue des signes improprable.

Eh ! Au fait, vous avez déjà vus les autres films de Dupontel, réalisateur ? 
Bernie, le Vilain, Enfermés dehors.. Moi pas, je m'en vais résoudre cette erreur judiciaire de ce pas.
A revoir.